Santé : le gouvernement veut réduire le nombre d’arrêts maladies, les médecins s’indignent

Le gouvernement souhaite faire des économies sur les arrêts maladies, qui ont “explosé” ces dernières années. Une idée qui scandalise les médecins, qui dénoncent des atteintes à leur métier et à la santé des patients. Les oppositions dénoncent aussi la “brutalité” du gouvernement.

Le gouvernement veut inciter les médecins à prescrire moins d'arrêts maladie.
Le gouvernement veut inciter les médecins à prescrire moins d’arrêts maladie. © Maxppp – Emma BUONCRISTIANI

Le gouvernement veut faire la chasse aux arrêts maladies. Parmi les pistes d’économies évoquées lundi par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, figurent “la lutte contre l’explosion des arrêts maladies”. En clair, le gouvernement veut inciter les médecins à prescrire moins d’arrêts de travail à leurs patients. “Campagne d’intimidation contre les médecins généralistes”, “maltraitance vis-à-vis des médecins de famille”, “brutalité du gouvernement”... l’idée scandalise les médecins, qui défendent les besoins de leurs patients, mais aussi les oppositions politiques.

De quoi parle-t-on ?

Les arrêts maladie ont augmenté de 7,9% en un an, et de 30% en 10 ans : on en comptait 8,8 millions en 2022, contre 6,4 millions en 2012. Les indemnités journalières, fiancées par la Sécurité sociale pour payer les salariés malades, coûtent 16 milliards d’euros par an. Si la dynamique actuelle se poursuit, elles coûteront 23 milliards d’euros par an en 2027, indiquait Gabriel Attal la semaine dernière lors d’une audition au Sénat. Le ministre des comptes publics a pointé “l’explosion des arrêts maladie”. Il a notamment évoqué “les faux arrêts du lundi ou du vendredi”, et ceux “qui ne s’accompagnent d’aucune prescription de soins ou de médicaments”. Dénonçant aussi une “explosion”, Bruno Le Maire a estimé lundi qu’il fallait “cesser de voir la dépense de soins exploser quand elle n’est pas justifiée”. “Est-ce que quelque chose justifie que les arrêts maladies aient augmenté de 30 % au cours des dernières années ?” a-t-il encore questionné.

Jeudi dernier, l’organisation qui regroupe les institutions de prévoyance (les assurances complémentaires pour la santé et les congés maladie), a également indiqué que le nombre d’arrêts de travail indemnisés par ses membres a augmenté de 30% entre 2019 et 2022. Cette hausse n’est “plus du conjoncturel, c’est du structurel”, s’est alarmé Marie-Laure Dreyfuss, la déléguée générale du CTIP. “On n’a aucun signe que cela va se calmer”, et “à un moment va se poser la question de la soutenabilité” du coût de cette protection sociale, a-t-elle averti.

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