Il restaure le château de Jacquou le Croquant en Dordogne, “c’était une coquille de pierre vide”

C’est la renaissance du château de l’Herm. Le château de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reihac mis à l’honneur dans le roman Jacquou le Croquant, vient d’être sauvé de la ruine par son nouveau propriétaire, Nicolas de Laage de Meux. Le Charentais s’est lancé dans un chantier jusqu’en 2027.

Les travaux doivent se terminer en 2027
Les travaux doivent se terminer en 2027 © Radio France – Charlotte Jousserand

Pour ceux qui ont lu Jacquou le Croquant, c’est le château du héros d’Eugène le Roy, pour Nicolas de Laage de Meux, c’est un rêve d’adolescent, “depuis que j’ai 15 ans, j’ai envie de de restaurer un château”. Pas n’importe quel château, le Charentais avait en tête un château médiéval avec des éléments décoratifs particulier dans un cadre préservé.

@francebleuperigord Le château de l’Herm dit #château de Jacquou le Croquant en #Dordogne a retrouvé un toit grâce à son nouveau propriétaire, Nicolas de Laage de Meux qui a entrepris un grand chantier tout en gardant l’esprit du lieu #Périgord #patrimoine #fyp ♬ Cornfield Chase – Hans Zimmer

Il a beaucoup cherché en Nouvelle-Aquitaine et en 2018, il trouve, avec le château de l’Herm, “une coquille de pierre vide […] et un cadre somptueux, […], on peut se dire qu’il y a 400 ans, c’était comme ça”Le Charentais a entrepris de restaurer l’édifice pour éviter qu’il ne devienne vraiment une ruine“il était encore temps de le faire, on n’était pas dans un niveau de dégradation suffisamment avancé pour se dire, on ne peut plus le faire”.

Nicolas de Laage de Meux est sur le chantier toute les semaines pour suivre l'évolution, il estime que 40% du chantier a été réalisé.
Nicolas de Laage de Meux est sur le chantier toute les semaines pour suivre l’évolution, il estime que 40% du chantier a été réalisé. © Radio France – Charlotte Jousserand

Un château habité pendant 150 ans

Il n’y a plus de toit, plus de plancher depuis 1815, et lorsque Nicolas de Laage de Meux visite l’édifice, on voit le ciel lorsqu’on est à l’intérieur du château. Avant de l’acheter, Nicolas de Laage de Meux doit présenter un plan à la Direction régionale des affaires culturelles qui veut vérifier quel type de restauration le Charentais veut faire.

Grâce au travail des précédents propriétaires qui ont récupéré des documents anciens, des descriptifs et qui ont notamment réalisé deux campagnes de fouilles archéologiques, Nicolas de Laage de Meux associé à un architecte spécialisé bordelais, présente un plan de restauration qui est validé par la DRAC en février 2019. Les travaux peuvent commencer en novembre 2020.

Le château a retrouvé un toit qu'il n'avait plus de 1815. Les compagnons ont installé une charpente façon coque de bateau retournée
Le château a retrouvé un toit qu’il n’avait plus de 1815. Les compagnons ont installé une charpente façon coque de bateau retournée © Radio France – Charlotte Jousserand

Nicolas de Laage de Meux ne souhaite pas y habiter “je fais ça uniquement pour le plaisir de le restaurer et quand je ne travaillerai plus de faire un peu de culturel dans cet endroit”. Il a commencé à chiner du mobilier ancien pour meubler le château.

Pour restaurer le château, le propriétaire a utilisé les documents compilés par les anciens propriétaires.
Pour restaurer le château, le propriétaire a utilisé les documents compilés par les anciens propriétaires. © Radio France – Charlotte Jousserand

Restaurer en gardant “l’esprit” du lieu

En deux ans et demi de travail, “40% du chantier est déjà achevé” explique le propriétaire qui montre au rez-de-chaussée la salle des gardes ou la salle basse. Le pisé au sol a été refait, les murs nettoyés et les poutres réinstallées “on commence toujours par les sols, les corniches qui supportent les poutres, les corbeaux qui supportent les très grosses poutres”. Nicolas de Laage de Meux montre les murs de la façade “on n’y a pas touché, car on veut garder l’esprit du lieu […] on ne veut pas refaire un château à neuf, c’est que quelque chose à laquelle je suis très attaché”.

Lorsque Nicolas de Laage de Meux a racheté le château en juin 2020, il n'y avait plus de plancher et plus de toit du tout.
Lorsque Nicolas de Laage de Meux a racheté le château en juin 2020, il n’y avait plus de plancher et plus de toit du tout. © Radio France – Charlotte Jousserand

Le Charentais vient sur le chantier au moins une fois par semaine, pour les réunions de chantier, “ce sont les entreprises qui font tout et c’est un travail de compagnons. Les maçons viennent de la Bachellerie, les charpentiers de Hautefort, le couvreur de Badefols”.

Le nouveau propriétaire a économisé depuis qu’il est adolescent, il a vendu des biens immobiliers et emprunté pour financer ce projet gigantesque. Le budget s’élève à environ 5 millions d’euros dont 30% financés par l’État.

 

 

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