Visite du pape à Marseille : une messe géante au Vélodrome en guise de point d’orgue

Le pape François a célébré ce samedi une messe devant 57.000 fidèles au stade Vélodrome, après une déambulation en papamobile sur le Prado, points d’orgue de sa visite de deux jours à Marseille, où il a clôturé les Rencontres méditerranéennes par un discours très politique sur les migrants.

Messe géante du pape François au stade Vélodrome de Marseille

Le pape François est arrivé ce samedi peu après 16h au stade Vélodrome, accueilli par un tifo surprise des supporters de l’OM après une déambulation en papamobile de moins de deux kilomètres sur l’avenue du Prado. Des milliers de personnes s’étaient massées le long de l’avenue pour apercevoir le souverain pontife lors de son parcours à 15 km/h vers le stade. Le Saint Père y a célébré pendant 1h40 une messe géante, point d’orgue de sa visite à Marseille ces 22 et 23 septembre. Dans son homélie, il a dénoncé le “tragique rejet de la vie humaine, qui est aujourd’hui refusée à nombre de personnes qui émigrent”, martelant une dernière fois son message de fraternité envers les migrants, thème principal de son séjour de moins de deux jours dans ce grand port de la Méditerranée, à l’histoire et à la population façonnées par les vagues migratoires.

“Un pape au stade Vélodrome, ça ne s’était jamais vu”, a conclu le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. “Et nous, en vous accueillant pour la première fois pour une messe en France, nous nous sentons encore une fois, comme on dit ici : à jamais les premiers !”, a-t-il ajouté, clin d’œil aux supporters marseillais, sous le regard amusé du pape. Après une courte allocution de remerciements, François a quitté l’enceinte sportive sous des applaudissements nourris pour rejoindre l’aéroport Marseille-Provence d’où son vol retour pour Rome a décollé peu avant 19h30. Emmanuel Macron a assisté à la cérémonie de départ sur le tarmac, avant de regagner Paris à bord de l’avion présidentiel.

Pour l’occasion, le stade Vélodrome avait pris l’allure d’une cathédrale à ciel ouvert, occupée par 57.000 fidèles, dont certains avaient patienté pendant plusieurs heures dans les rues environnantes. Dans les heures qui ont précédé le début de la messe, les spectateurs ont enchaîné les “ola” et “clappings”, dans une ambiance aussi fervente que festive.

Au stade Vélodrome, une estrade géante avait été installée pour le pape dans le virage nord, où s’époumonent d’ordinaire les supporters de l’OM les jours de match. Derrière l’estrade, une chorale composée de 800 chanteurs, parmi lesquels Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille. Dans le virage sud, face à l’estrade papale, un tifo géant aux couleurs de la ville, en place tout au long de la célébration.

Parmi les personnalités dans les gradins, l’ambassadeur d’Ukraine en France, Vadym Omelchenko, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, l’actuel et l’ancien maires de Marseille, Benoît Payan et Jean-Claude Gaudin, plusieurs élus de la droite locale comme Martine Vassal, Renaud Muselier, Patrick de Carolis ou Sophie Joissains, et les ministres Gérald Darmanin et Sabrina Agresti-Roubache. Le président de la République a aussi assisté à la messe, avec son épouse Brigitte. Dans la matinée, Emmanuel Macron a rencontré le pape en tête-à-tête au palais du Pharo, où se tenaient les Rencontres méditerranéennes que le chef de l’Église catholique a clôturé par un discours axé sur la crise migratoire.

Un discours très politique en clôture des Rencontres méditerranéennes

Le pape François est arrivé ce samedi peu avant 10h au palais du Pharo pour prononcer son discours de clôture des Rencontres méditerranéennes, qui ont réuni près de 70 évêques de la région. Le chef de l’Église catholique a insisté sur l’histoire, le rôle et le caractère cosmopolite de la ville de Marseille, une ville qui “donne une patrie à ceux qui n’en ont plus”, en préambule d’un discours très politique, axé sur la crise migratoire qui secoue l’Europe après l’arrivée de milliers de migrants sur l’île italienne de Lampedusa : “Marseille nous dit que malgré les difficultés, la convivialité est possible et qu’elle est source de joie […] une marée de peuples a fait de cette ville une mosaïque d’espérance”.

Le souverain pontife s’était déjà exprimé sur le sort des migrants qui cherchent à traverser la Méditerranée dès son arrivée à Marseille vendredi, en fustigeant la “peur” et “l’indifférence” des dirigeants européens. Il s’était aussi recueilli devant un monument dédié aux marins et migrants disparus en mer à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

Un entretien en tête à tête avec Emmanuel Macron

Après son discours de clôture des Rencontres Méditerranéennes, François s’est entretenu en tête avec le président de la République au palais du Pharo. Ils ont évoqué les questions migratoires et la fin de vie, Emmanuel Macron présentant au pape le “calendrier” et la “méthodologie” du projet de loi attendu sur ce deuxième sujet “dans les prochaines semaines”, a indiqué l’Elysée. Sur les migrants, “la France n’a pas à rougir, c’est un pays d’accueil et d’intégration”, a précisé la présidence. Sur la fin de vie, le chef de l’État n’est “pas entré dans le détail du contenu ni même des équilibres du texte”, a-t-elle ajouté.

Les deux hommes ont aussi échangé des cadeaux. le président de la République a offert deux livres au pape : une édition originale de L’été d’Albert Camus, un récit qui emmène le lecteur autour de la Méditerranée, et notamment dans l’Algérie des années 1950, et Ex-Voto marins de Notre-Dame-de-la-Garde de Félix Reynaud, un essai sur les offrandes qui décorent la basilique marseillaise.  À l’intérieur d’un de ces livres, Emmanuel Macron a glissé le message suivant : “Pour Sa Sainteté le pape François, en souvenir de ces journées à Marseille, au chevet de notre Méditerranée. Amitiés fraternelles.”

Rencontre avec des personnes en précarité

La deuxième journée marseillaise du pape François avait commencé vers 9h ce samedi à la maison des missionnaires de la Charité, l’ordre fondé par Mère Teresa. Un lieu hautement symbolique puisqu’il est situé dans l’une des zones les plus pauvres de Marseille, à cheval entre Saint-Mauront et la Belle-de-Mai, quartiers historiques d’accueil des immigrants les plus récents et les plus démunis. Le souverain pontife y a rencontré, en privé, des personnes en précarité économique.

 

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