“Autant nous envoyer au cimetière” : une AESH voit son contrat annulé à quelques jours de la rentrée

A quelques jours de la rentrée, Nicole*, 59 ans, a appris qu’elle était licenciée. Cette AESH, accompagnante d’enfants en situation de handicap, avait pourtant reçu un courrier lui annonçant la reconduction de son contrat de travail et même la proposition d’un CDI.

Tout s’arrête d’un coup.” Nicole*, AESH (accompagnante d’élève en situation de handicap) est encore sous le choc. Il y a quelques jours, alors qu’elle pense aller à un rendez-vous pour un CDI, comme le lui indique un courrier reçu il y a un mois, elle apprend finalement son licenciement : “Je n’ai ni CDI, ni même CDD, alors que mon contrat allait à l’origine jusqu’en 2025″.

Une mauvaise évaluation qu’elle conteste

La surprise est énorme. La raison de ce licenciement serait une mauvaise évaluation. “J’ai voulu la contester à l’époque. J’ai pris rendez-vous avec l’inspecteur de Brest qui, lui, m’a dit que ce n’était pas une si mauvaise évaluation que ça, et que si ça avait été le cas, c’est lui qui m’aurait convoqué. On ne m’avait jamais fait de reproche avant.”

D’autant plus que l’AESH avait reçu un mail d’affectation dans une école brestoise pour le 1er septembre. “Ils s’en fichent complètement et n’ont aucune compassion.” Depuis, c’est le silence total. “J’ai appelé pour savoir quand j’aurai les documents pour m’inscrire à Pôle Emploi. On m’a répondu ‘On le fera quand on aura le temps’. Donc je ne sais pas. Peut-être dans un, deux, ou six mois“, déplore Nicole.

Un courrier lui indiquait une reconduction de son contrat
Un courrier lui indiquait une reconduction de son contrat © Radio France – Corentin Dévé

Elle pense également que son âge, 59 ans, et les soucis de santé qu’elle a pu avoir ont pesé dans ce licenciement. “On m’avait dit qu’il fallait être en forme physiquement. Quand on arrive à un certain âge, on ne nous veut plus. Autant nous envoyer au cimetière.

Aucune procédure de licenciement

Dans un communiqué, le syndicat SUD éducation déplore également une procédure de licenciement bafouée. “Aucune des règles de droit n’a été respectée ici : l’employeur convoque la salariée sous un motif trompeur et lui annonce qu’il casse son CDD sans faire état de faute grave, sans lui laisser la possibilité ni d’être assistée, ni de se défendre en consultant son dossier.

Le syndicat a accompagné l’AESH. “Ils ont écrit à la directrice d’académie pour qu’elle revienne sur la décision. Mais depuis, j’attends. J’espère qu’elle me remettra à mon poste” explique Nicole.

L’AESH ne compte en tout cas rien lâcher. “S’il faut, j’irai jusqu’au tribunal administratif. Je ne me laisserai pas faire, je vais peut-être également porter plainte pour préjudice moral.

*Prénom modifié à sa demande

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