Handisport : un habitant de Champigny-sur-Marne se lance dans un tour du Mont-Blanc en vélo-fauteuil

Robert Marchant, 72 ans et habitant de Champigny-sur-Marne, va réaliser à partir de ce lundi un tour du Mont-Blanc en vélo-fauteuil (appelé aussi handbike). Au programme : 303 kilomètres à parcourir, avec sept cols de montagne, le tout en cinq étapes seulement !

C’est un défi impressionnant que va relever Robert Marchant ! Cet habitant de Champigny-sur-Marne, âgé de 72 ans, va s’attaquer ce lundi au tour du Mont-Blanc en vélo-fauteuil (appelé aussi handbike). Au programme : 303 kilomètres à parcourir, avec sept cols de montagne, le tout en cinq étapes seulement ! Il démarre aujourd’hui avec une étape allant des Houches à Orsières, puis d’Orsières à Aoste, ensuite d’Aoste à Bourg-Saint-Maurice, ainsi que de Bourg-Saint-Maurice à Beaufort, et pour finir de Beaufort jusqu’aux Houches.

Un tour du Mont Blanc en vélo-fauteuil, car Robert Marchant est paraplégique depuis ses 22 ans, après une mauvaise chute en gymnastique. Il voit alors ses rêves d’athlète professionnel brisé mais ne perd pas son amour du sport. Depuis 2018, Robert Marchant a réalisé plusieurs défis avec son vélo-fauteuil : le chemin entre Hossegor et Saint-Jacques-de-Compostelle en 2018, une partie des châteaux de la Loire en 2019, le tour du Mont Ventoux en 2021, une étape du Tour de France entre Briançon et l’Alpe d’Huez, et cette année le Mont-Blanc !

Ce défi, c’est d’abord une façon de se dépasser : “C’est avant tout pour me maintenir en forme. C’est aussi pour montrer aux handicapés qu’on peut toujours faire quelque chose, pour les encourager, même si c’est minime, et c’est aussi l’occasion de se retrouver entre copains.” Car cette aventure est avant tout un travail d’équipe : sept amis vont l’accompagner, dont Jacques qui le suit dans ses défis depuis quatre ans. “Je ne suis pas un malade du vélo, je l’ai redécouvert avec Robert”, confie-t-il. “Mais ce qui m’attire, c’est surtout la beauté des lieux où on va : il y a trois ans, c’était le Mont Ventoux, avec des paysages sublimes ! Et le soir, c’est aussi le plaisir de se retrouver, c’est la convivialité !”

Mettre en lumière le handicap dans le sport

Et tant qu’ancien athlète de la Fédération française de gymnastique et membre toujours très impliqué, il a pu compter sur le soutien financier de la fédération, et notamment du comité régional d’Île-de-France, présidé par Malika Mesrar. Elle connaît Robert depuis les années 80, et pour elle, il était important de soutenir ce projet qui porte des valeurs importantes du sport. “C’était un projet qui tenait la route, parce que c’est un ami qu’on devait accompagner. Ça permettait de partager des valeurs, de donner un élan, et de montrer qu’avec un handicap, on peut se dépasser !”, développe-t-elle.

“Il y a eu un report de la gymnastique au vélo, mais c’est toujours le même esprit sportif et battant. Pour nous, ça paraissait et ça paraît encore logique de l’accompagner : pour l’exploit sportif d’abord, et aussi pour la volonté, pour tout ce qu’il représente, notamment pour les plus jeunes. On a pas mal d’actions au comité régional en faveur des jeunes porteurs de handicap, on a un groupe de travail dessus pour accompagner les clubs qui veulent développer le sport et le handicap. Ainsi, Robert est un ambassadeur, un symbole, entre les valeurs, la sportivité et tout ce qu’il représente !”Robert Marchant va parcourir plus de 300 kilomètres autour du Mont Blanc dans son vélo-fauteuil.

Robert Marchant va parcourir plus de 300 kilomètres autour du Mont Blanc dans son vélo-fauteuil. © Radio France – Phéline Leloir-Duault

La Fédération française de gymnastique a notamment contribué à financer son vélo-fauteuil en partie. Un vélo-fauteuil en deux parties : “d’un côté vous avez le fauteuil, et de l’autre une fourche, avec une petite assistance électrique, très utile notamment dans les côtes quand il y a un blocage”, précise-t-il.

“C’est comme un vélo électrique, si vous n’appuyez pas sur les pédales, vous n’avancez pas, mais là il faut un peu de bras ! A l’avant, on a rajouté une roue de mobylette pour plus de sécurité.” Et tout ça a un coût : “c’est du matériel qui vaut 12.000 euros, donc ça a été financé par la fédération, le comité régional, le comité départemental, et par pas mal de gens qui m’ont aidé à financer cet appareil !”

Lors de ces cinq étapes du Mont Blanc, il faudra se loger, et ce n’est pas si simple. “Le problème de la montagne, c’est qu’il y a très peu d’hébergements accessibles aux personnes handicapées, et le peu qu’il y a, ils sont pris. J’ai commencé à m’en occuper en octobre 2022 et c’était limite !”, souligne Robert. Des hébergements qui seront justement pris en charge par Île-de-France Habitat, le bailleur social de Robert depuis plus de vingt ans.

En échange, l’entreprise veut engager un partenariat avec Robert sur la question du handicap pour rendre leurs logements plus inclusifs“L’idée est de travailler avec monsieur Marchant sur les questions d’inclusivité au sein de notre patrimoine, de travailler avec nos équipes sur cette question compliquée à aborder”, explique Delphine Valentin, la présidente d’IDF Habitat. “On va certainement mettre en place une commission particulière, mais rien n’est décidé encore. La question du handicap est très compliquée dans le logement social, surtout l’accessibilité et l’adaptabilité des logements.”

Pour suivre le périple en direct de Robert Marchant, rendez-vous sur le site IDF Habitat.

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