Mort de Nahel : le troisième occupant de la voiture livre sa version des faits

Six jours après la mort de Nahel, 17 ans, tué par le tir d’un policier à Nanterre lors d’un contrôle routier, la troisième occupant de la voiture a livré sa version des faits aux enquêteurs de l’IGPN ce lundi.

Le troisième occupant de la voiture dans laquelle Nahel, 17 ans, a trouvé la mort mardi dernier, tué par un policier à Nanterre lors d’un contrôle de police, a livré sa version des faits aux enquêteurs de l’IGPN ce lundi. Franceinfo en a eu connaissance.

L’adolescent, âgé lui aussi de 17 ans, connu des services de police pour refus d’obtempérer, selon les informations de Franceinfo, s’est présenté ce lundi matin dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale à Paris, sur convocation de l’IGPN, la police des polices. Il a été entendu pendant quatre heures comme témoin dans cette enquête ouverte pour homicide volontaire.

Selon le jeune homme, la Mercedes dans laquelle les trois amis se trouvaient mardi dernier leur avait été prêtée. Il assure qu’aucun n’avait consommé de drogue ni d’alcool. Comme dans la version des faits qu’il a livrée à la presse et sur les réseaux sociaux, le jeune homme affirme que le ton est très vite monté lors de l’intervention des deux motards de la police et que les deux fonctionnaires ont tour à tour mis un coup de crosse à Nahel. Selon ses déclarations, le policier qui était au niveau de Nahel a lancé “bouge pas où je te mets une balle dans la tête”. Toujours selon ses dires, le second motard a alors crié “shoote-le”.

C’est à ce moment que Nahel a reçu un troisième coup de crosse, affirme encore le témoin, ce qui lui aurait fait lâcher la pédale de frein. La Mercedes étant automatique, cela aurait provoqué son redémarrage. Quant à sa fuite en courant au moment des faits, le troisième occupant de la voiture explique qu’il a paniqué, qu’il a eu peur que les policiers lui tirent également dessus.

Le policier incarcéré

Cette version diffère de celle du policier auteur du coup de feu. Pendant sa garde à vue, le motard a expliqué son geste par la volonté d’éviter une nouvelle fuite du véhicule et la crainte d’être percuté, lui ou son collègue. Il craignait également que quelqu’un d’autre soit renversé. Lors de son audition libre, le second motard avait assuré lui aussi s’être senti menacé. Cette ligne de défense, supposée rentrer dans les conditions de la loi de 2017 sur l’usage des armes par les policiers, n’a pas convaincu le procureur qui a demandé le placement en détention provisoire du fonctionnaire qui a tiré, demande suivie par les juges.

Le policier de 38 ans est incarcéré à la prison de la Santé depuis jeudi dernier, à l’isolement, pour assurer sa propre sécurité. Mais son avocat conteste la décision et a déjà annoncé un appel contre ce placement en détention provisoire.

Related Posts

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *