Hôpital public : les médecins appelés à faire grève lundi et mardi

Les médecins hospitaliers sont appelés à faire grève, lundi par Actions praticiens hospitaliers, mardi par Alliance Hôpital et l’INPH pour dénoncer le manque d’attractivité de leur profession. Un mouvement qui devrait faiblement perturber les soins.

Ces lundi 3 et mardi 4 juillet, les médecins de l’hôpital public sont appelés à faire grève par plusieurs syndicats de médecins. L’appel pour lundi émane d’Actions praticiens hospitaliers, qui comprend notamment l’organisation Samu Urgences de France (SUdF), dont François Braun était président jusqu’à son arrivée au ministère de la Santé. Alliance Hôpital et l’INPH (Intersyndicat des praticiens hospitaliers) appellent à un mouvement mardi. Les syndicats seront reçus ce mardi au ministère de la Santé.

Des négociations entamées en début de l’année

Ces différents syndicats se retrouvent sur certains points : dénoncer le manque d’attractivité de leur profession et réclamer la revalorisation des gardes de nuit et de week-end . Les syndicats de médecins réclament notamment l’aboutissement de négociations annoncées par Emmanuel Macron, qui avait promis, début janvier, d'”ouvrir le chantier de la rémunération du travail de nuit” et de la “permanence” des soins (c’est-à-dire des gardes et astreintes).

Des négociations ont eu lieu avec le ministère de la Santé, mais elles sont au point mort depuis mi-mai. Selon le cabinet du ministre François Braun, un plan global est bien en préparation pour redonner de l’attractivité à la carrière hospitalière. Mais il est en attente d’arbitrages “interministériels” avec Bercy et Matignon.

Peu de perturbations attendues

La plupart des médecins grévistes n’arrêtent pas vraiment le travail. “Il y aura peut-être quelques consultations ou interventions reportées”, selon le docteur Rachel Bocher, présidente de l’INPH.

Samu Urgences de France prévoit, aux urgences, “une opération Zéro brancard dans les couloirs” : les patients, hors urgence critique, devront patienter à l’entrée du service si celui-ci dépasse sa capacité nominale d’accueil. “Nous voulons que les gens se rendent compte à quoi vont ressembler les Urgences” si le départ des médecins de l’hôpital continue, explique le docteur Marc Noizet, le président du syndicat.

30% des postes non pourvus

Aujourd’hui, 30% des postes de médecins hospitaliers sont vacants, pourvus par des intérimaires ou des médecins étrangers, selon les chiffres de la Fédération des hôpitaux publics. Le nombre de candidats au concours de praticiens hospitaliers a encore baissé au printemps 2023, avec 3.364 candidatures reçues pour 10.846 postes vacants publiés, contre 4.056 candidatures un an avant, selon les chiffres officiels.

Marc Noizet, le président de Samu Urgences de France alerte : “Nous n’arrivons plus à recruter, hormis les jeunes médecins qui sortent d’études. Et les jeunes qui arrivent se mettent de plus en plus à temps partiel, pour maintenir leur qualité de vie.” Il ajoute : “S’ils restent à temps plein, ils vont en réalité travailler à 120, 140% (du temps normal). En se mettant à 70%, ils vont faire un temps normal.”

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